Ne me laisse pas indifférente !

Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-mêmes, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. Certes on rencontre parfois la bonté au milieu de l’enfer, et inversement. On rencontre beaucoup de visages dans le monde, mais certains dentre eux pénètrent dans notre esprit presque à notre insu. Ce n’est pas à cause de leur beauté qu’ils s’imposent à nous, mais plutôt à cause d’une autre qualité. Dans la plupart des visages la nature humaine ne transparaît pas, mais il s’en trouve cependant où cette qualité mystérieuse, intérieure, se manifeste spontanément. Alors ce visage-là se fait remarquer entre mille autres et s’imprime tout à coup dans l’esprit. Cest pourquoi chaque rencontre est une nouvelle connaissance, une amitié qui peut être infinie, un amour qui peut nous engager à vie. Ces relations nous enrichissent et nous laissent des souvenirs qui restent gravés dans notre mémoire.  Rencontrer quelqu’un en revanche, le rencontrer vraiment _ et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour_ est une chose infiniment rare. La substance inaltérable de l’amour est l’intelligence partagée de la vie. Et cette intelligence nous lavons connue et c’est elle qui nous a rapproché un après-midi dans une cafétéria.  Puis trois baisers ont scellé cette rencontre pour en faire un événement. C’était il y a plus de trois ans. La rencontre de deux personnalités est comme le contact entre deux substances chimiques, s’il se produit une réaction, les deux en sont transformés. Tu m’as transformée ce jour-là.  Ce ne fut pas une rencontre sans lendemain, de celles qui vous laissent de jolis regrets. L’Eros de la rencontre fugace n’est pas un dieu moindre, mais un dieu différent.  On s’est aimé, on s’est complété.  On ne va pas plus loin que dans l’autre et dans soi. J’ai rencontré un homme qui m’a donné envie de croquer les nuages. Un type romantique, avec deux piercings à l’arcade droite. Je l’aurais manger des yeux et aurais chassé les poussières grises du quotidien. Néanmoins  on rencontre toujours un « mais  » dans ce monde si imparfait. La rencontre d’une femme commence bien avant qu’on aperçoive cette femme, et finit ( si ces affaires-là finissent) à un tout autre moment que celui que l’on croit, et pas du tout au moment à se lasser de l’autre, mais bien plus tard, et il y a des histoires d’amour qui continuent même si les deux amants sont morts. Nous nous étions rencontrer un jour de février.  Un de ces jours curieux où l’on n’a le gout de rien dire. Et pourtant notre conversation n’en finissait plus! Ou les choses habituelles affichent ouvertement leur vanité et où le moindre événement sortant de l’ordinaire revêt une importance extrême.  Comment nous etions-nous rencontrés ? Un peu par le hasard, comme tout le monde. L’homme que jai rencontré alors n’était pas aussi instructif que le silence qu’il rompait. Comme quoi une simple rencontre peut se transformer en grande aventure. Une collision inattendue permet d’empoigner la vie, d’offrir des perspectives plus grandes que soi, de vibrer, d’écouter, de parler, d’estimer, d’espérer. Une vraie rencontre provoque une influence réciproque.  Deux mondes intimes interagissent et chacun modifie l’autre. La rencontre, voilà  bien le lieu des passions, de la comparaison, de l’attirance et de la possession, de la fascination, de la peur et de la colère,  de la honte et des jalousies. Mais surtout l’amour de l’émulation, de l’amitié et … de la joie. Si je ne t’avais pas rencontré, alors je serais incomplète et infirme de ce qui me serait demeuré caché à  jamais, inculte moi aussi de cette parties des choses qui font souffrir, donnent du plaisir et posent au coeur les justes questions. Or certaines rencontres, certaines choses entr’aperçues, devinées, certains chagrins secrets, certaines perfidies du sort, qui remuent en nous tout un monde douloureux de pensées,  qui entrouvent devant nous brusquement la porte mystérieuse des souffrances morales, compliquées, incuables, d’autant plus profondes qu’elles semblent bénignes, d’autant plus cuisantes  qu’elles semblent presque insaisissables, d’autant plus tenaces qu’elles semblent factices, nous laissent à l’âme comme une traînée de tristeSe, un goût d’amertume, une sensation de désenchantement dont nous somme longtemps à nous débarrasser.

3 Réponses à “Ne me laisse pas indifférente !”

  1. plius dit :

    Tellement de gens sont seuls pourtant…Oui on se nourrit de nos rencontres quelles qu’elles soient. De la sincérité dans votre écrit. plius

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