A celle qui m’a donné la vie…

L’acte de naissance est un acte d’amour entre la mère et l’enfant; une jouissance pour l’un et pour l’autre, même si pour des raisons de santé, ma mère a dû subir une césarienne et non un accouchement par les voies naturelles. Et je le regrette profondément pour elle.

Mais c’est aussi pour elle que je écris ce texte aujourd’hui, pour lui rendre hommage et lui montrer à quel point je suis fière d’être sa fille.

A savoir que les enfants n’ont ni passé ni avenir, et, ce qui nous arrive guère, ils jouissent du présent. Le credo de ma mère a toujours été la confiance en moi et en mon petit frère. Cette confiance nous a donné la chance de croire en nous  et de réussir. Le plus difficile dans la maternité, c’est cette inquiétude intérieure que l’on ne doit pas montrer. «  Carpe diem » ma fille ! Alors j’ai cueilli le jour tout en sachant qu’elle n’était pas très loin et ne nous quittait pas d’un œil. Nous étions donc à la fois rassurés, hardis, téméraires, curieux de ce que pouvait nous offrir la vie. L’amour de ma chère maman était d’ailleurs bien plus profond que l’océan. Car on est si petit, et le monde est si grand ! Que serait la vie sans elle ? On n’est jamais si bien servi que par sa mère. En outre, on dit qu’elle aime tendrement et le père solidement. Ma maman nous a aimé à la fois affectueusement et robustement. Elle est tout pour moi ! Un jour, on l’appelle maman. Et elle le reste toute la vie.

Il est vrai qu’un enfant, ça rit et ça pleure: un enfant ça invente le bonheur. Maman a attendu désespérément trois longues années avant de tomber une première fois enceinte. Puis le miracle eut lieu. Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé dans l’âge adulte. Et elle devint une maman formidable. Selon Jill Churchill : « Il n’y a aucune recette pour devenir une mère, mais il y a mille et une façon d’être une bonne mère ». Eh! qui pourrait compter les bienfaits d’une mère ? A peine nous ouvrons les yeux à la  lumière, que nous recevons d’elle, en respirant le jour, les premières leçons de tendresse et d’amour. Parce qu’elle avait dans le coeur un amour maternel vraiment infini et qui se répand toujours sur tout ce qui lui retrace l’image de l’enfance.

Une maman, c’est celle qui gronde mais qui pardonne tout. Le coeur d’une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon. Mais aucune mère n’est dupe quand on joue faux. Heureusement pour nous, l’amour maternel survit à toutes les déceptions, à toutes les blessures et à toutes les offenses. Nous en avons traversé des épreuves ! Mais toujours ensemble. C’est ce qui fait notre force. L’amour maternel, c’est un amour sans réserve qui ne demande aucune récompense.

En ce qui la concerne, elle a trop tôt perdu l’amour maternel, seul exemplaire d’une affection sans intermittence, sans léthargie, le seul qui donne l’habitude de l’amour divin. Il est un sentiment fait à la fois de dévouement et d’égoïsme : la mère ne sent que son abnégation; les autres sentent son autolâtrie. Selon Christian Bobin : « L’amour maternel est la plus haute figure de l’amour vrai ». Il n’y a que lui qui soit capable de désintéressement et qui sache dire : que ma fille soit heureuse sans moi, et loin de moi (à Forbach, à Metz, à Nancy, à Séremange…), pourvu qu’elle soit heureuse et profite pleinement de la vie.

C’est grâce à elle que j’ai su que l’amour maternel est l’instinct que la nature implante dans le coeur de chaque femme. J’essaie tant bien que mal de suivre son exemple. Mais ce n’est pas toujours commode. Ce que je retiens de mon éducation et ce que je tente de transmettre à mes propres enfants, c’est que l’amour maternel est le plus indépendant de tous les amours; nous aimons notre enfant quel qu’il soit, quoi qu’il fasse, qu’il afflige ou contente notre amour-propre; qu’il réponde à notre tendresse ou qu’il la souffre comme une gêne pour sa liberté; qu’un fils ou une fille écoute ou repousse sa mère. Grâce à eux, elle regarde haut et loin sans embarras: son âme, qui n’est jamais agitée, ne cesse point d’être émue; la confiance qui s’établit entre eux devient la plus douce des relations Elle ne ressemble à nulle autre , toute composée qu’elle est de l’autorité et de la faiblesse, de la condescendance et de la force, qui dénoncent à la fois et la femme et la mère. Oui, heureuse, cent fois heureuse, celle qui en a connu le charme !

Il n’y a qu’un amour profond, sincère, inaltérable, c’est l’amour de ma maman. Je t’aime ma Fanfan et je te suis tellement reconnaissante de ton amour sans bornes pour moi ! Les mots sont les seuls moyens que j’ai actuellement pour t’honorer comme il se doit.

Avec tout mon amour et mon respect,

Ta fille, Lili.

2 Réponses à “A celle qui m’a donné la vie…”

  1. DENNILAULER Françoise dit :

    Quel hommage.
    Merci.

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