L’ignoble nous enserre, la vulgarité nous étouffe, la cupidité nous dévore.

La cupidité, ou l’esprit d’intrigue, appartient à des multitudes d’hommes et sont la cause de bien des actions basses et méchantes; l’orgueil, le défaut de principes, cette démangeaison de la langue qui porte tant d’oisifs à rechercher et à répandre le mal plus aisément que le bien, ce qui est secret avec plus de plaisir que ce qui est découvert, sont à la fois des traits communs à une foule d’hommes et des sources fécondes de maux et de catastrophes. Tu regardes d’un œil  d’envie les richesses d’autrui, mais ces vains désirs ne t’enrichiront pas: ne vaudrait-il pas mieux fermer ton coeur à cette folle rapacité ? Tu nourris la volonté de nuire à ton ennemi, mais cette volonté ne le nuit pas: ne vaudrait-il pas mieux lui pardonner de bonne foi ? Oui, méprise l’or, chéris la médiocrité, tu vaincras l’avarice et l’envie. Sérieusement, vivre dans la nécessité vaut mieux que de vivre dans la concupiscence. Parce que les hommes d’aujourd’hui sont façonnés aux doctrines de l’égoïsme et de la cupidité. Franchement, l’orgueil cupide et égoïsme illimité n’inspirent ni attrait ni respect.

C’est ainsi qu’elle considérait son propre père. Celui qui lui a donné la vie et qui aurait dû lui être dévoué. Vivre auprès de lui, « sous son toit » était un vrai calvaire. Ses cris, ses cris, toujours et encore… Comment lui faire comprendre que rien d’indigne et de bas que la cupidité n’engendre ? Lui qui est imperméable à toute remise en question… Elle se disait sans cesse, et c’est ce qui la faisait psychologiquement tenir le coup, que la vénalité se tournait contre celui qui s’y livrait. George Sand la montrait aussi du doigt :  » La cupidité, le grossier orgueil des distinctions sociales, la débauche, tous les vils penchants, la paresse même qui est, pour quelques-uns, une passion stérile mais opiniâtre, voilà les ambitions qui meuvent la plupart des hommes »(Lélia, 1833). Était-il aveugle ? Était-il conscient du mal qui semait? Est-ce que la culpabilité ne croit pas mal faire ? Son illusion serait si grande, que tout ce qu’elle faisait se reproduisait à ses yeux, par une espèce d’enchantement, sous les dehors trompeurs d’une profonde habileté, qui lui cachait tout ce qu’il y avait d’odieux et de criminel dans sa conduite. Selon Eugène Chapus : « Il y a des dispositions morales antipathiques à l’élégance : la cupidité, la lâcheté, la sottise ». Lui était dans ses fameuses dispositions ! Elle était son défouloir et le sera toujours. Le faux-ami n’aime que son propre intérêt, et si la cupidité  le lui conseillait, il deviendrait ingrat et parjure. Il s’en prenait à elle, qu’elle soit présente ou absente. Seul son « moi » importait. Les autres n’existaient pas pour lui. Au moins, en ce qui le concerne, nous pouvions le dire : « l’enfer c’est les autres » (Jean-Paul Sartre).

Moins vous êtes, plus vous avez… Ainsi, toutes les passions et toutes activités sont englouties dans la cupidité. Selon Barack Obama :  » L’autonomie et l’indépendance peuvent se transformer en égoïsme et en licence, l’ambition en convoitise, un désir effréné de réussir à tout prix ». Comment avait-il basculé ainsi dans la rapacité et l’égocentrisme ? Les uns font semblant de se ruiner; c’est pour émouvoir la compassion des gens simples. Les autres font semblant de s’enrichir; c’est pour surexciter les instincts d’envie et de cupidité de masses.

Soulemane Boel va encore plus loin dans la réflexion lorsqu’il affirme que « la cupidité n’est autre qu’un dogme suicidaire lent qui conduira l’homme à toujours justifier l’injustifiable ». Et Albert Einstein de dire que  » trois grandes forces dominent le monde: la stupidité, la peur et la cupidité ». Mais où va-t-on ? Elle vivait déjà avec un cupide et il fallait aussi qu’elle se fasse à l’idée que le monde était âpre, intéressé et convoiteux. De la sphère intime de la famille, elle ne pouvait se projeter dans un monde aussi cruel.  Là où la cupidité règne, la misère réside. Mais nous vivons dans un monde où le plus n’est jamais assez, où l’opportunisme et la cupidité se généralisent. Faisons simple: la cupidité et l’avarice sont les deux faces de la même pièce d’argent.

Le vrai bonheur découle du sentiment de paix intérieure et de contentement qui doit être atteint en cultivant l’altruisme, l’amour et la compassion, et en éliminant la colère, l’égoïsme et la cupidité. La cause des guerres: c’est par cupidité parfois, par jalousie quelque fois, par la haine souvent, mais toujours par l’ignorance.  Selon Jacques-Yves Cousteau : « si nous continuons notre chemin, la faute est notre cupidité et si nous ne voulons pas changer, nous allons disparaître de la face du monde remplacés par un insecte »!!! Simplement, la destruction de la cupidité sera l’épanouissement de l’amour. En effet, les hommes devraient continuer à se battre, mais ils devraient se battre pour des raisons qui en valent la peine, pas pour des lignes géographiques imaginaires, des préjugés raciaux et la cupidité privée revêtus de la couleur du patriotisme. Halte au civisme, au chauvinisme si celui-ci mène à la convoitise et à l’avarice. La cupidité est un estomac affamé où le seul moyen de s’en débarrasser est de ne pas le nourrir. Et c’était ce qu’elle s’évertuait à faire: ne pas lui adresser la parole, ne pas répondre à ses injonctions, aller jusqu’à nier son existence….L’existence de son père ! Car, malheureusement, là où règne la cupidité règne, la paix du coeur s’envole. L’amour filial avait perdu tous sens à ses yeux.

La rapacité est un trou dans le coeur qui ne peut être comblé.

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