Soit acteur de ta vie et non spectateur de la mienne !

Ne touche pas à mon bonheur et ne me donne pas des leçons de vie . Ce qui est fastidieux est que l’homme est un être incomplet qui cherche à se parachever, et qui aime par-dessus tout à mêler des contrastes à ses habitudes. Il ne faut pas prendre part à des choses où l’on entend rien. Oh oui, je me méfie de celui qui se mêle de mes affaires… Je me méfie de toi ! Un conseil : n’intervenez jamais dans les affaires des autres, à moins que la charité ou le devoir ne vous y oblige. Le précepte de ne s’immiscer que dans ses affaires est presque toujours aussi mal suivi qu’il est sage et nécessaire à la tranquillité de la vie. On se repent souvent d’y avoir manqué. Ce que je ne comprends pas est que le temps est d’ordinaire notre allié et nous aide à faire la part des choses. Mais, pour certains, même ceci les dépasse. Est-ce de la curiosité mal placée ? Est-ce malsain ? Certainement.

Quelle folie que de se mêler de la vie, sans pour cela vivre vraiment ! En effet, n’as-tu point l’impression de passer de la sorte à côté de ta vie, tout en vivant par procuration ? L’écheveau le plus mêlé est plus facile à remettre en état qu’une âme embrouillée ! Parfois, tu dois laisser les choses s’en aller pour que de meilleures choses puissent arriver dans ta vie. Selon un proverbe chinois :  » Si tu veux être heureux une heure, bois un verre; si tu veux être heureux un jour, marie-toi; si tu veux être heureux toute ta vie, fais-toi jardinier ». Voilà quelque chose d’intéressant, car n’est-ce pas Voltaire, dans Candide, qui achevait son oeuvre romanesque et philosophique sur ces sages paroles : « Cultivons notre jardin »?

Peut-on aller plus loin et parler d’obsessions ? La passion est une obsession positive, alors que l’obsession est une passion négative. Selon Emile Cioran :  » L’obsession est l’ailleurs, c’est l’impossibilité de l’instant; et cette impossibilité est la nostalgie même ». Oui, nous avons passé du temps ensemble fût un temps. Mais ce temps est révolu et chacun se doit de suivre son chemin. Raisonne-toi. Soit fort. Et vas de l’avant. Le risque est que cette obsession te mène à une régression personnelle et te pervertisse. Car si une passion vraie éclaire l’esprit, son obsession l’éteint. Et tu te retrouves seul dans la nuit. L’ego n’est qu’une ombre, un assujettissement et une illusion. Toute vie est une, et c’est toi-même. Opère un grand nettoyage dans ta vie et qu’il soit méticuleux.

Vois-tu, l’obstination n’est qu’une obsession de soi. Quelque part entre l’idée fixe et la contrainte est l’impulsion. Et lorsque tu es contraint à obéir à une monomanie, tu deviens un esclave sur le toit de ton droit. Sean Penn dit que  » la vie est une obsession irrationnelle ». Est-ce si fou, déraisonnable, inconséquent, aberrant, insensé de mener sa vie comme l’on l’entend ? Certes, l’amour est la seule préoccupation que tout le monde désire. Or pour aimer, il faut être deux. Sans cela, l’amour devient supplice. La vie est courte. Carpe diem (cueille le jour). Car les caprices non réprimés de l’enfant deviendront l’obstination du vieillard. « Qui s’obstine à ne consulter que son coeur est condamné tôt ou tard à écouter la raison »(Benjamin Constant). Sache que l’opiniâtreté aveugle est un égoïsme quand bien même la fermeté , clairvoyante, est une vertu.

Allons plus loin si tu le veux bien… Et reconnaissons que l’aheurtement et l’ardeur d’opinion sont les plus sûres preuves de bêtise. Pourquoi tourner autour de ce qui doit te brûler ? S’obstiner à pleurer sur sa ruine, c’est préparer un mauvais mortier pour la reconstruction. Pour atteindre la vérité, sa vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. Par exemple, un bord de mer n’est jamais silencieux, jamais. La vie non plus. Ni la tienne, ni la mienne. Il y a les grains de sables exposés aux remous et ceux protégés en haut de la plage. Lesquels envier ? Ce n’est pas avec le sable d’en haut, sec et lisse, que l’on construit les châteaux de sables, c’est avec celui qui fraye avec les vagues car ses particules sont coalescentes. Tu arriveras à reconstruire ton château, tu le construiras avec des grains qui te ressemblent, qui ont aussi connu les déferlantes de la vie, parce qu’avec eux, le ciment est solide.

Qui s’obstine à mordre un caillou, ne réussit qu’à se briser les dents. Maintenant, il est grand temps… de me laisser partir.

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