La culture est-elle un facteur d’humanisation ?

« Tout ce qui dégrade la culture, raccourcit les chemins qui mènent à la servitude »(Albert Camus). Une culture, une religion ou une nation ne peut survivre si elle se procure d’exclure plutôt que de séduire, si sa légitimité se limite à revendiquer une place dans l’Histoire: elle doit revendiquer une place dans l’avenir.Quant aux hommes, il est vraiment nécessaire de les façonner par l’éducation. Comme le dit très bien un proverbe africain, un homme sans culture est un zèbre sans rayures ! Pour ma part, j’ai le niveau de culture de ceux qui ont appris dans les bouquins et en fréquentant des milieux différents. Il y a deux catégories d’individus: les imbéciles qu’on ne changera jamais et d’autres qui voudront bien s’adapter. Si être intello, c’est s’adapter, alors OK j’en suis une ! Aussi la télévision est à la culture ce que la Mac Donald est à la Gastronomie. On peut en manger une fois par mois mais tous les jours ça rend malade. Selon Gaëtan Faucer: « La culture, c’est l’expression du vivant ». Il faut transmettre la culture, ne pas la garder pour soi, l’humaniser. Peu importe votre culture si elle ne peut être partagée. Ce que vous pouvez dire n’a de valeur que si on vous écoute. Car elle est une manifestation sociale de la mémoire collective. Elle précède le livre et survivra aux encyclopédies numériques. A ce titre elle se situe hors du temps et représente la permanence du savoir. Plus poétiquement, on peut dire aussi que la culture est le souvenir d’un parfum dans un flacon vide. Elle demeurera. Néanmoins, peut-on dire que la culture d’une personne se définit par ses lacunes. Selon Jean-Jacques Rousseau :  » Les esprits sans culture et sans lumières qui ne connaissent d’autres objets de leur estime que le crédit, la puissance et l’argent, sont bien éloignés de soupçonner même que l’on doive quelque égard aux talents, et qu’il y ait du déshonneur à les outrager ». La culture n’est pas un supplément d’âme que s’offrirait une culture de consommation repue. Elle est notre boussole.

La culture quotidienne cherche toujours à imposer ses dichotomies: ou tu aimes pour toujours ou tu n’aimes jamais; ou c’est un absolu ou c’est quelqu’un pareil aux autres ; ou ils sont toujours unis ou ils sont toujours séparés, etc. En définissant et en interrogeant de cette manière , notre culture pousse les amoureux à se définir dans la contradiction, dans la folie. La chose devient dramatique au plan éthique. Tomber amoureux est un acte de libération. Et la liberté n’est pas seulement vécue comme le fait de se libérer de ses liens, mais comme le droits de ne pas dépendre des conséquences nées des décisions passées, qu’elles soient les nôtres ou celles d’autrui. La culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d’autrui et féconde la tolérance, en nous incitant à partir à la rencontre d’autres imaginaires et d’autres cultures. Elle est donc comme des branches d’arbre orientées dans des directions différentes vers des connaissances diversifiées.

Si nous savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de l’humanisation des relations humaines. Les moraliste n’y peuvent rien. Mais il y a un loi de déshumanisation progressive en vertu de quoi désormais, à l’ordre du jour de la bourgeoisie, il n’y a, il ne peut y avoir maintenance que la violence, la corruption et la barbarie. La culture peut-elle y faire quelque chose ? Selon Georges Bataille :  » c’est dans l’ensemble selon l’humanisation plus ou moins grande que l’indice varie: plus les hommes sont humanisés et plus leur exubérance est réduite ». Si, effectivement, nous savons comprendre avant de condamner, plus serons sur la bonne voie de l’humanisation des relations humaines. Tout équilibre est instable, tout bonheur fugitif, toute félicité passagère, c’est le refrain mélancolique de l’humanité, c’est l’expérience des siècles. Déjà Malcolm X proclamait: » qu’il faut reconnaître tout être humain, sans chercher à savoir s’il est blanc, noir, basané ou rouge; lorsque l’on envisage l’humanité comme une seule famille, il ne peut être question d’intégration ni de mariage interracial ». De toute façon, dans un monde d’une absurdité apparemment si épaisse, il faudra bien arriver à une plus grande compréhension des hommes entre eux, à une plus grande sincérité, à une plus grande ouverture d’esprit… à un peu de culture. Le long sentier vers l’humanisation de l’humanité est éclairé par trois luminaires: le désir de comprendre (la science), de l’embellir (l’art), et d’aider les êtres vivants (l’empathie). Mais nous sommes passés d’une humanité primitive qui considérait qu’elle appartenait à la vie, à une humanité dite « évoluée » qui considère que la vie lui appartient. Nous nous  sommes érigés comme les propriétaires de la création. C’est la raison pour laquelle nous n’avons plus aucun respect pour rien! Parfois un arbre humanise mieux un paysage qu’un homme !

l’humour est une forme de révolte. C’est aussi un remède à la colère, à l’emportement ou à la déprime; il humanise les rapports, facilite l’irrigation du cerveau , décontracte les nerfs… Nous n’assumons plus que l’homme puisse et doive s’humaniser en cultivant sa capacité de fraternité. Il y a, dans la frénésie d’exhibitionnisme dont les gens de maintenant sont saisis, quelque chose qui va complètement à l’encontre de la civilisation. L’humanité, depuis le fond des temps, se couvre de vêtements. Le vêtement est à l’homme ce que le plumage est à l’oiseau. Il le rend plus beau. Les hommes nus sont comme des oiseaux plumés. Le vêtement donne à la femme les trois-quarts de son mystère. Sans mystère, il n’y a pas d’amour. En 1900, grande époque de l’amour, il fallait au moins une demi-heure pour habiller sa maîtresse.

Pour conclure, et ne pas se perdre dans des anecdotes assez saugrenues, les hommes d’une humanité supérieure la pratiquent sans y songer. L’humanité gagne à n’être pas vue de trop près; l’homme perd quelquefois à être jugé de trop loin ! L’humanité n’est pas un parterre de roses et de lys, mais malheureusement un champ inculte et abandonné, où foisonnent à l’envie l’ortie, la belladone et la froide ciguë. Oui, le constat est des plus pessimiste.

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